Archive for 10 juillet 2007

Obéir à son sentiment

Il y a de ces livres qui s’imposent d’eux-mêmes:

J’étais avec Catherine, mais comme j’ai horreur de ces blogs d’exploration de petite-vie-quotidienne, du j’aime-pas-le-rose-et-les-champignons-et-la-Terre-entière-doit-le-savoir, je vous épargne les détails.

Bref, je suis avec elle, et, bien que j’ai plusieurs (si peu) livres non-lus qui n’attendent que ça, je lui confie que je cherche vraiment à mettre la main sur Le bruit et la fureur de Faulkner et L’insoutenable légèreté de l’être de Kundera.

Jusqu’ici, rien de majeur. Une obstination marquée, rien de plus.

On passe chez elle (chez sa tante), et, comme de raison, je suis aimanté par la bibliothèque.

Un classique.

J’entre chez quelqu’un, et la première chose que je fais est de voir ce qui compose la bibliothèque. Par curiosité.

Et là, je manque de m’étouffer.

Littéralement.

Je tombe sur un exemplaire de L’insoutenable légèreté de l’être. Je sais que ce n’est pas incroyable, mais ça reste un drôle de hasard dans ma journée. Pour moi.

Ça fait quelque temps que je cherche ce livre. Comme ça, sans le chercher maladivement, mais sachant qu’il traine dans mon esprit comme une promesse qui finira par se réaliser.

Puis, LA chose impensable est devant mes yeux:

ELLE EN A DEUX PUTAINS D’EXEMPLAIRES!

Je veux dire qu’elle n’a QUE cette oeuvre grandiose en double. Aucune autre.

Et donc, évidemment, je deviens complètement gaga et fais des pieds et des mains pour faire comprendre à cette charmante demoiselle le trouble qui s’est emparé de moi. Elle comprend. Du moins, je crois.

Mais là, ce serait trop beau de vous dire que je l’ai rapporté avec moi, et que Catherine et moi vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants prodigues. Faudrait pas rêver.

Quand même.

Vous avez l’air d’oublier que c’est de ma vie dont il s’agit. Sachez que les situations simples sont exclues.

Pour faire une histoire courte, on a un différend un soir; je me fâche contre elle (il n’y a jamais de bonnes raisons pour se fâcher contre une personne qui nous est chère; on peut ne pas comprendre, mais on a pas le droit de se mettre en colère), j’ai l’impression qu’on ne se parlera plus jamais tant mon attitude est déplacée, et, malgré tout ça, elle prend la peine de m’offrir ce livre alors que tout portait à croire que s’en était fini de nous deux.

Mon coeur ne fait qu’un tour, surtout que ce précieux livre est affublé d’une dédicace flatteuse et touchante, gracieuseté de mademoiselle.

J’espère donc que vous comprendrez que ma liste de lecture a été mise en veilleuse le temps de lire ce livre phare de la littérature du XXième siècle. Bien sûr, je vais vous en faire un compte-rendu en temps et lieu, puisque je n’en suis qu’au tiers.

Comme je sais que vous mourrez d’envie d’un aperçu du roman, je vous laisse sur une citation (!):

« Comment pouvait-il le savoir? Comment pouvait-il le vérifier?

En travaux pratiques de physique, n’importe quel collégien peut faire des expériences pour vérifier l’exactitude d’une hypothèse scientifique. Mais l’homme, parce qu’il n’a qu’une seule vie, n’a aucune possibilité de vérifier l’hypothèse par l’expérience de sorte qu’il ne saura jamais s’il a eu tort ou raison d’obéir à son sentiment. »

J’ai bien l’impression qu’une conclusion serait superflue, surtout que cette Catherine est vraiment spéciale.

Comme elle lit ce blog, je m’abstiendrai.

Pour l’instant.

10 juillet 2007 at 11:37 6 commentaires


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